• Manon

Les Galapagos - Premiers pas dans un autre réel sur l'Isla Santa Cruz

Mis à jour : oct. 23

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pour visiter les Galapagos


Nous avons pris deux jours pour organiser notre départ pour les Galapagos depuis Guayaquil où Geoof est ressorti avec une coupe de cheveux des plus drôles ! Oui, les Ga-la-pa-gos... Rien qu'à l'écrire ce mot est beau, il fait rêver. On a longtemps pensé que nous ne pourrions jamais y aller à cause du coût financier qu'implique un tel voyage et puis... On a fait un choix. On a troqué un mois de voyage en Équateur contre dix jours dans l'archipel. Et je peux déjà vous dire que c'est le meilleur choix qu'on ait fait de tout le voyage !


Voici le récrit de la découverte de la première île : Santa Cruz.


Symbole de l'archipel et espèce endémique, portrait d'une tortue géante des Galapagos

Dans l'avion nous n'en revenons toujours pas. C'est une douce folie ! On s'imagine un endroit sauvage, vert et bleu, aux montagnes volcaniques noires, peuplé d'innombrables animaux... On a vraiment hâte. Et puis on y est. On pose le pied et là, surprise... Qu'est-ce qui se passe ? Un animal ? Un paysage de dingue ? Une tempête ? Non non, il faut juste directement s'acquitter de 100$ haha et on n'a même pas passé les portiques de l'aéroport. C'est le prix à payer pour accéder au parc naturel des Galapagos et vu son état de conservation, franchement, je ne regrette pas de les avoir donnés ! Vous allez voir, les Galapagos c'est magique...


Après un bus puis un bateau puis un autre bus nous arrivons dans la petite ville de Puerto Isidro Ayora. C'est tout mignon. On sent que la population vit principalement du tourisme étant donné le nombre de restaurants par rapport à la taille de cette ville-village. On pose nos affaires puis on décide de faire le tour du voisinage. Il fait chaud, enfin !! J'avoue être arrivée au bout du froid après tous ces mois en très haute altitude en Bolivie et au Pérou ou en terres australes en Patagonie argentine et chilienne. La chaleur, les vêtements légers, se baigner, tout ça m'avait manqué.


Le marché de poissons de Puerto Isidro Ayora

Ce qui nous marque en premier en se promenant sur l'Isla Santa Cruz, c'est la proximité avec les animaux sauvages, ils sont PARTOUT et si proches. Des otaries, toutes sortes d'oiseaux, des requins à pointe noire... Ici les animaux vivent en paix avec les humains et rien que pour cela les Galapagos valent le détour... La courte durée de notre séjour dans l'Archipel - 11 jours - implique un programme assez précis mais avant l'action, des empañadas à la crevette et quelques bières avec nos copains de voyage Leslie et Adrien. Tchin, à cette nouvelle aventure !


Nous commençons par partir à la rencontre du symbole de l'archipel, la célèbre tortue géante endémique des Galapagos et nous visitons le centre de Darwin pour un premier face à face avec cette incarnation de la lenteur. Le centre a un petit circuit où on apprend à chaque étape des éléments caractéristiques sur ces fascinantes créatures, de leur durée de vie au temps de nidification en passant par leur histoire et leur rapport avec les humains. Au détour d'un virage on assiste à une scène... Gênante ! C'est que monsieur et madame ont décidé de faire leurs affaires juste devant nous. C'est silencieux. Lent et violent à la fois. D'ailleurs madame n'apprécie pas du tout, elle est bloquée dans un coin, je crois que ça ne lui plaît vraiment pas... Après la scène cocasse, nous assistons à une scène surréaliste cette fois. C'est que madame tortue, qui pèse environ 200kg, tente d'escalader le muret d'un mètre qui nous sépare d'elle. Fuir ce mâle en rut ! Vite ! Et elle y arrive, la voilà qui se soulève de tout son poids juste devant nous, c'est impressionnant. On va vite chercher un soigneur car on ne sait pas trop comment réagir devant cette situation. Il arrive et demande à Geoof et à Adrien de l'aider à la remettre dans son enclos... Une chute de cette hauteur pourrait la tuer. Je suis partagée, cette expérience me laisse un mauvais goût dans la bouche... Vivement qu'on aille les voir dans leur milieu naturel.


Entre arbre-cactus et tortues copulantes

Le saviez-vous ?

La plus grosse tortue des Galapagos jamais pesée faisait 422kg même si en moyenne elles pèsent plus ou moins 200kg. Ces animaux sont aussi gros que vieux puisqu'ils peuvent vivre jusqu'à 200 ans. Vous avez dit Jeanne Calment ? Auparavant il y avait avant de nombreuses espèces éparpillées dans tout l'archipel, différentes d'île en île, mais elles ont malheureusement été massivement tuées pour leur chaire. Elles servaient à l'époque de garde manger aux bateaux passant dans le coin, tous en prenaient quelques unes pour leurs longues traversées, assurant un minimum de protéines à l'équipage. Quand on sait qu'une tortue peut peser jusqu'à 400 kilos et qu'elle est complètement inoffensive, on imagine bien pourquoi elles étaient tant prisées... La plupart des espèces a donc disparu mais il en reste encore trois différentes.


Première rencontre avec des iguanes marins

En sortant du centre, on se balade un peu aux alentours et on croise la route de petits iguanes marins, les premiers. Quelle tête de Godzilla ils se trainent ceux-là ! Je les trouve magnifiques. Cette espèce est elle aussi endémique des Galapagos. Un d'eux se jette à l'eau et c'est là qu'on se rend compte des années d'évolution dans un habitat hors norme et isolé comme celui-ci. Il modifie la courbure de son corps, se sert de sa queue comme moteur et gouvernail et ondule à la surface de l'eau. Incroyable spectacle.


C'est pas tout mais si on allait se baigner nous aussi ? On trouve une petite plage juste à côté du centre, à peine le temps de mettre masque et tuba que feu, on est déjà dans l'eau. Ce n'est pas une plage réputée pour le snorkeling mais l'eau est bonne et on croise quand même une raie, des bancs de poissons et deux petits requins pointe noire. On est heureux. La lumière faiblit, on décide alors de prendre la bateau-taxi pour aller voir le coucher de soleil sur une plage qui n'est pas accessible à pied. Elle est splendide. S'ensuivent quelques empañadas du marché, géants comme les tortues du coin, puis nous voici au lit. Nous logeons chez l'habitant, c'est le moins cher qu'on ait trouvé sur l'île et c'est beaucoup plus authentique, on préfère. En plus, ils sont vraiment adorables et de très bons conseils pour éviter les attrapes-gringos...


Il y a un très grand nombre d'espèces endémiques aux Galapagos, dans la faune comme la flore

Espèce endémique, ça veut dire quoi ?

Une espèce endémique est une espèce à part entière qui vit dans un territoire défini. Par exemple, le dragon de Komodo en Indonésie, le kangourou en Australie, l'iguane marin aux Galapagos. Ce sont des espèces qu'on ne retrouve nulle par ailleurs, sauf importation... Oui il y a des kangourous en France mais non on ne les voit gambader pas dans nos prairies. Deux facteurs expliquent ce phénomène passionnant : il y a le « processus de spéciation » lié à l'isolement géographique d'un territoire - c'est le cas des Galapagos - menant à l'apparition de nouvelles espèces et il y a la « restriction et l'isolation d'un aire géographique ». Dans ce deuxième cas, l'espèce peut devenir endémique si elle a disparu partout ailleurs de son ancienne aire de répartition sauf dans un endroit précis. Aux Galapagos, du fait de l'isolement depuis longtemps, plus de 20% des espèces sont endémiques : c'est le moment de remplir notre Pokedex.


Aujourd'hui c'est frais comme des poissons perroquet que nous enfilons nos sandales à la conquête de l'Isla Santa Cruz. On loue des vélos et on part se balader pour tenter de trouver les tortues géantes dans leur habitat naturel. Un autre endroit nous intéresse également en chemin, c'est un tunnel de lave et nous y voilà déjà. C'est parti pour une descente dans les entrailles de la Terre... Bouh...


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Ce tunnel de lave comme son nom l'indique a été créé par... La lave ! Les Galapagos était il y a peu encore - sur l'échelle géologique, on s'entend bien - un archipel ultra actif sur le plan volcanique. Ça pétait, ça fumait, ça coulait dans tous les sens. D'ailleurs, des tunnels comme celui-ci il y en a pleins ici et certains font plusieurs kilomètres. Le nôtre ne faisait que 500 mètres tout au plus. Bref, ce n'est pas la taille qui compte... L'explication est toute simple : quand le volcan entrait en éruption, la lave coulait à flot de son cône vers la mer créant des chemins de lave qui, au contact de l'air la lave se solidifiait. De cette manière une croûte extérieur solide se créait tandis que la lave liquide continuait de couler en son coeur. Quand l'éruption fut finie et toute la lave déversée dans l'océan, il ne resta plus que la croûte rocheuse extérieure solidifiée ! Et paf des nouveaux tunnels. Magique.


Sur les traces de la lave

Après cette balade souterraine on retrouve la merveilleuse chaleur insulaire. Une des 20 espèces de Pinson de Darwin nous fait l'honneur de sa présence. Malgré leur forme, couleurs et tailles différentes, il est facile de les reconnaître à leur bec triangulaire. On reprend les bikes et on se rend dans un grand "ranch" où il est possible de voir les tortues dans leur habitat naturel. On en croise une sur le chemin, on s'arrête, elle a un peu peur bichette. On entend sa forte respiration, c'est impressionnant. On ne l'embête pas plus puis on arrive au dit-lieu et là c'est un très joli tableau qui s'offre à nous. Des dizaines de tortues géantes ont élu domicile, certaines prennent des bains de boue, d'autres mangent de l'herbe, des aigrettes sont posées sur leur énorme carapace. Un souvenir et un moment forts...



En admiration devant les tortues géantes et ce qu'elles représentent

Pour notre dernier jour sur l'île on a prévu, le matin, une plongée dans les riches eaux des Galapagos mais on vous réserve un article spécial pour vous la raconter... Du coup l'après-midi on se rend à Las Grietas, un canyon d'eau saumâtre avec un très léger taux de sel qui longe la côte. L'eau est d'une pureté et d'une limpidité comme on n'en voit que rarement.


Las Grietas

Le canyon est profond et étroit par endroit, c'est un lieu sublime. Il communique avec l'océan par des puits de jonction, d'où le faible taux de sel et la présence de poissons. Après une longue exploration et quelques saltos - pas toujours réussis, ouch ça fait mal - on finit la journée sur une autre plage un peu plus sauvage avec de nombreux iguanes. Manon fera d'ailleurs une tentative de série photos ambiance Salgado très réussie. Il y a aussi quelques raies et quelques requins qui slaloment entre nos jambes au bord... Cet endroit est dingue, je veux rester ici toute ma vie.



Allez un dernier empañada aux crevettes... hum qu'ils sont bons, ils vont nous manquer et nous re-voilà dans les bras de Morphée. Demain on prend le bateau et on change d'île, en route pour la sauvage et préservée Isla Isabela, notre coup de coeur de l'archipel.


From Isla Santa Cruz with love.


© L'ODYSSÉE DES RENARDS

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