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Le trek de Laugavegur en Islande

Dernière mise à jour : 18 oct. 2022

Autant vous le dire tout de suite, le trek de Laugavegur a été un coup de cœur total en Islande. La succession de paysages si grandioses et différents, tantôt montagne colorée, tantôt plaine de cendre, la présence de volcans, de neige, de fumerolles, de rivières et de cascades font de ce trek l'un des plus beaux du monde ! Nous avons vraiment adoré marcher dans ce décor hors du commun même s'il reste, pour nous, un peu moins impressionnant et surtout plus fréquenté que le trek de Huayhuash que nous avions tellement aimé au Pérou.


Le trek de Laugavegur n'est faisable qu'en été, le reste de l'année il est recouvert d'un épais manteau de neige. Il peut se faire entre 2 et 5 jours, ponctués de 4 à 6 étapes. Tout dépendra de ce que vous voulez voir, et du temps que vous souhaitez y consacrer. Ce n'est pas une boucle mais la marche peut s'effectuer dans un sens comme dans l'autre. Pour notre part, nous avons décidé de commencer à Landmannalaugar et de nous arrêter à Þórsmörk. Quant au temps que nous y passerons, nous verrons bien une fois sur place.


Landmannalaugar, notre point de départ donc, se situe au début des Highlands, au milieu de nulle part, bien loin de la capitale Reykjavik. Il peut être facile d'y aller en payant - cher - un bus 4x4 mais nous avons préféré opter pour l'aventure de l'autostop qui permet les rencontres les plus authentiques.


Allez zou, let's go!

Paysage au départ de Landmannalaugar

• Premier jour du trek Laugavegur

24km • 8h00 de marche


Après une super première journée de stop hier qui nous a menés jusqu'à l'entrée de la dernière piste vers Landmannalaugar, la reprise aujourd'hui est plus compliquée... Des voitures - vides - passent - en nombre - mais ne s'arrêtent pas... Pendant 3 heures ! C'est long 3 heures. Surtout quand on se prend de la poussière dans la tête parce que, en plus de ne pas s'arrêter, les chauffeurs roulent à fond la caisse... Geoofi se détend en houspillant certains haha. Et puis, petite surprise réjouissante, on se rend compte qu'on n'a plus du tout assez d'eau... Alala après toutes ces années, nous sommes toujours des newbies haha ! Je peux vous dire que ça, ça met vraiment la pression. Tout d'un coup, on a soif, on ressent le besoin vital de se désaltérer. On décide donc de revenir sur nos pas pour regagner une route plus fréquentée, mais voilà que, de manière inespérée, deux vans remplis d'Italiens s'arrêtent et nous disent : "con te partiroooo, su navi per mari che io lo so". Haha, non, ils nous disent simplement un très gentil "ok, montez". "Gracie mile" les amis, c'est le bonheur. Nous faisons quelques stops photos avec eux, traversons des petites rivières et finissons par arriver à Landmannalaugar...



Landmannalaugar, qu'est-ce que ça veut dire ?

Toponyme islandais signifiant littéralement

« les bains chauds des gens du pays »



Nous débutons le trek à 12h pétantes et, dès les premiers kilomètres, le spectacle est magnifique. Fumerolles, montagnes aux formes douces, arrondies et colorées, parterres de fleurs blanches, et ciel bleu nous accompagnent. Ça grimpe bien et la pause déjeuner avec vue sur le célèbre paysage de Landmannalaugar est bienvenue. Quelles couleurs ! Quelle atmosphère ! C'est vraiment magnifique. Autant c'est le paysage qu'on s'attendait le plus à découvrir car c'est le plus connu, autant on en est quand même sur le cul-cul. Qu'il est bon d'être dans le vaste royaume de la montagne, surtout quand celui-ci est touché par la grâce des volcans...


Dès les premiers kilomètres, c'est grandiose...

D'où viennent ces douces couleurs ?

L'activité volcanique est très importante en Islande,

et encore plus dans cette région. Ces couleurs douces, beiges,

sont dues à la présence de rhyolite.


Niveau forme, on se sent super bien dans nos chaussures de randonnée alors on décide de faire deux étapes en une, de se rendre directement au deuxième camping pour y passer la nuit. Les paysages évoluent constamment, la terre fume puissamment par endroit, les mousses d'un vert éclatant que nous n'avions jamais vu dessinent des formes et apportent du contraste à ces terres désolées. Maintenant la neige est présente en petite surface, elle s'accroche ici et là sur les montagnes lisses et marrons. C'est juste waouh. Par moment on marche sur la glace, le froid se fait un peu ressentir mais la météo est toujours assez clémente, la vue est si dégagée, quelle chance nous avons ! On monte, on monte, jusqu'à arrivée en haut d'une montagne avec une vue plongeante à couper le souffle sur la vallée où nous allons dormir ce soir. Le soleil de fin de journée troue les nuages et n'éclaire que certaines zones... Chez les renards, on appelle ça des arches célestes. Bon, prix à payer, la descente qui s'ensuit nous casse les genoux. C'est duuuur. On finit en bas épuisés mais il nous reste encore quelques kilomètres et la traversée d'une petite rivière glacée... Ouch ça raffermit les mollets - et les ampoules ! Et puis nous voyons le camping, enfin. Il fait assez froid, nous nous offrons une douche chaude à 2€, deux petites bières et un bon plat de nouilles chaudes. Le ciel est voilé alors nous filons vite dans les bras de morphée...



Pour nous, le plus beau tronçon

• Deuxième jour du trek Laugavegur

22km • 10h de marche


Nous nous réveillons dans une brume super épaisse qui ne nous permet pas d'apprécier le décor environnant, ni même notre petit déjeuner. Mais pas l'temps d'niaiser, on se met en route. Heureusement, le rideau se lève rapidement et nous révèle une montagne au pic parfait. C'est si beau, si vert autour de nous. C'est très apaisant. Puis, au détour d'un virage, tout le paysage devient d'un coup si noir... Une plaine de cendre noire s'étend à perte de vue. Nous allons fouler cette terre monotone sur 10 kilomètres... Ça n'en finit plus, qu'on monte, qu'on descende, qu'on passe un petit col ou une rivière, tout est noir ! Mais cela a son charme.


Le fameux pic parfait magnifique

Le soleil est de la partie, il nous crame le visage - oui on a aussi oublié la crème solaire - mais on ne se plaint pas, au contraire ! Sûrs de notre expérience de la veille, nous décidons une nouvelle fois de faire deux étapes en une et d'arriver à la fin du trek dès ce soir. Ouai carrément, un jour et demi pour parcourir 54 kilomètres, on est comme ça nous. Ça nous laissera plus de temps pour découvrir le reste du pays. Alors nous voilà en route d'un pas ferme et décidé, vers l'arrivée. Le décor change une nouvelle fois, on est dans un paysage de montagne qu'on a plus l'habitude de voir chez nous en France.


Des paysages qu'on a l'habitude de voir, vous êtes sûrs ?

Les couleurs et les formes nous paraissent plus communes, certes

mais en fond, c'est bien le Vatnajökull que nous voyons, la plus grande calotte

glaciaire d'Islande, cachant de nombreux volcans encore actifs.


C'est encore une fois très beau. On se sent pousser des ailes mais... on a les yeux plus gros que le ventre et nous n'y arrivons plus ! Un fort mal de pieds nous arrête à 8km de l'arrivée, si proche et à la fois si loin. On ne peut plus avancer. Perdus au milieu de nulle part, nous montons la tente en bordure de chemin dans du sable noir réchauffé par le soleil de la journée qui soulage nos corps engourdis. C'est si agréable. On s'ouvre une petite bière puis, dès le soleil couché, le froid tombe en quelques minutes et nous on file lire dans la tente.


Noir c'est noir, il y a plein d'espoir


• Troisième et dernier jour du trek Laugavegur, arrivée à Þórsmörk, stop jusqu'à Reykjavik et nuit dans un vrai lit

8km • 3h de marche


C'est le dernier jour du trek, nous marchons d'un pas tranquille vers l'arrivée, vers Þórsmörk. Nous savons que nous ne sommes pas loin et nous avons le temps aujourd'hui, nous ne ferons rien de plus que rentrer à Reykjavik. Les rivières issues des hauts glaciers qui nous entourent serpentent au milieu des plaines aux couleurs foncées créant des méandres à perte de vue. Et voilà que nous traversons maintenant une forêt verte de bouleaux, des paysages encore une fois si différents de la veille... L'Islande est une terre de diversité.



Les derniers paysages avant l'arrivée

Arrivés à Þórsmörk, nous mangeons un bout puis hop, nous nous mettons en route pour Reykjavik, de nouveau en autostop. Une voiture ne tarde pas à s'arrêter, c'est Asgar, un homme d'une soixantaine d'années aux yeux bleus perçants, au regard profond. À l'arrière de son 4x4, une guitare et un VTT. Il doit forcément être sympa mais pour autant, il n'est pas très loquace et semble perdu dans ses pensées... Mais qu'importe, il nous a dit oui. Après plusieurs minutes, nous arrivons face à une rivière super impressionnante. Il va falloir la traverser et, je vous le dis, jamais de la vie je n'aurais traversé ça par mes propres moyens... La puissance du courant, la couleur de l'eau, la profondeur, le fond caillouteux, sa largeur... C'est sacrément costaud. Traverser ces torrents en 4x4 n'est pas donné à tout le monde, même avec un gros 4x4. C'est la première d'une longue série, et elle délie les langues. On commence à papoter et d'un sujet à l'autre, on se rend compte qu'Asgar est en fait passionné et passionnant. Le trajet passe en un clin d'oeil, il nous raconte sa vie, ses amours, ses voyages, tantôt professeur de géographie, tantôt romantique, tantôt philosophe, puis économiste. Nos conversations sont géniales. Alors qu'il voulait nous déposer dès le retour sur la route 1, la route principale, il finit par nous ramener jusqu'à notre hôtel qu'il appelle pour être sûr qu'ils nous accueillent bien... C'est avec peine que nous le quittons, sachant pertinemment que nous ne le reverrons probablement jamais. Nous aurions dû lui proposer de passer la soirée ensemble. Enfin... Nous savourons une bonne douche chaude, mangeons un gros fat burger et décidons de nous coucher tôt car demain c'est le début de notre super road trip en voiture.

From Laugavegur with love.


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