• Manon

Au camping-paradis de Vicente dans le magnifique parc naturel Amboro

Mis à jour : 3 sept. 2019

J'adore aller dans les endroits conseillés par les autres voyageurs. Le bon vieux bouche à oreille ne déçoit presque jamais. Nous partons donc de la ville de Sucre pour un trajet muy largo - très long - vers le parc Amboro situé aux portes de la forêt amazonienne et plus précisément vers le camping de Vicente que vous n'allez pas tarder à rencontrer à travers cet article. La route pour s'y rendre est aussi magnifique que dangereuse, les Boliviens ne tiendraient-ils pas à la vie ? Allez que ça double dans le virage et en montée, heureusement les accotements sont assez larges mais tout de même, sacré coup de chaud.


La cascade de Vicente au milieu de la forêt tropicale

Nous arrivons à Bermejo dernier bastion de vie civilisée avant un isolement total dans la jungle. Vicente nous attend et son sourire sincère nous happe au premier regard. Le chemin pour se rendre à son camping va lui aussi nous donner quelques sueurs froides... Pour commencer nous devons traverser une rivière, et pas n'importe laquelle ! Elle doit mesurer 30 mètres de largeur et il y a du courant, noooon ! Après l'épisode dans le Sud Lipez je m'étais jurée de ne plus rien tenter de fou avec la voiture en matière de fleuve à traverser... Mais là, pas le choix ! Il me montre la voie à suivre sur sa petite moto et ça passe. Puis s'ensuit un chemin de terre aux trous énormes, aux pentes endiablés et à la largeur plus que modérée, quand il pleut ça doit être un enfer... Enfin c'est un enfer, vous l'apprendrez plus tard... Finalement on gare la voiture sous des arbres immenses dans une jungle verte et dense, on charge nos sacs à dos et on marche jusqu'au camping. Une colonie de fourmis traverse notre chemin : « il va pleuvoir » nous dit Vicente. Soit. On arrive et l'endroit est juste magnifique !!! On est en plein coeur de la forêt sur une colline où en contre bas coule la rivière précédemment traversée, entourée de montagnes rouges recouvertes d'arbres en tout genre, une énorme cascade se jette dans le vide au loin. Le monde avant l'homme.


Un groupe de Français est déjà là, on se réunit autour du feu pour un repas bien sympathique après avoir monté les tentes. De nombreuses lucioles ponctuent le ciel régulièrement, quel joli spectacle. Quelques gouttes commencent à tomber, Vicente aurait-il bien lu l'avenir dans la vie des fourmis ? On s'abrite juste à temps dans notre tente et c'est le déluge qui tombe. Le vrai déluge ! Toutes les 30 secondes des éclairs illuminent complètement l'intérieur de la tente et font gronder le sol qui tremble. Bouhhhh ! Et la pluie qui claque claque claque ! Tout le monde fuit se cacher sous les abris construits par Vicente car leurs tentes prennent l'eau mais pas la nôtre, merci décath', à fond la forme. Le lendemain la cascade en fond a doublé d'intensité et le rio en bas a doublé de volume, il est impossible de le retraverser et ce pour on ne sait combien de temps. Le ciel n'est pas au beau aujourd'hui, on décide de traîner et de se promener autour du camping, des beaux et grands papillons aux ailes bleues électriques virevoltent au-dessus de nos têtes, les gorges où coule la rivière rouge sont belles. On mange les fruits et légumes du camping car oui Vicente possède également un champ qu'il cultive de manière écolo. Les avocats sont aussi gros que délicieux. Il a également des ruches où des abeilles minuscules de la taille d'un moustique donnent un miel fruité délicieux qui rivalise avec celui goûté au Bañado la Estrella en Argentine en compagnie de Walter, un autre personnage haut en sincérité et en générosité.


Vicente est un être à part, littéralement. Il se met du miel dans les yeux pour soigner sa cataracte qu'il nie avoir. Non il n'a pas la cataracte, ce sont les plantes qu'il se met aussi dans les yeux qui lui donnent cette couleur bleue. C'est un sacré farceur. Demain, nous ferons la randonnée jusqu'à la cascade avec Paupiette, Emma, Mathilde, Adrien et Vicente bien sûr. Il a encore plu dans la nuit, le chemin risque d'être difficile et glissant dans la jungle et la date de notre départ est de plus en plus incertaine mais Vicente reste optimiste. C'est parti pour 8 heures dans la densité et l'humidité de la flore ambiante. Le chemin ? C'est Vicente lui-même qui l'a tracé avec l'aide de volontaires, c'est presque "sa" cascade. Ce n'est pas de tout repos d'avancer ici mais on adore ! Il y a un peu d'escalade et de via ferrata, de quoi se maintenir en forme. Le temps est toujours grisouilloux, c'est dommage car on imagine que la vue déjà belle doit être spectaculaire par temps dégagé. On arrive au pied de la belle, on mange notre casse croûte et ni une ni deux on enfile nos maillots pour se "mouiller" sous cette immense coulée d'eau. Cette cascade est vraiment puissante, découpée en trois paliers de 70m chacun, c'est à peine si on s'entend parler à côté. Et qu'elle est froide ! Et qu'est-ce que ça tape fort une eau tombant de 70 mètres de haut. On est content de l'avoir fait, c'est un moment qui restera gravé dans nos petites têtes de Renards. On rentre, on se couche, épuisés et on espère pouvoir rebrousser chemin demain...


Randonnée et baignade à la cascade

Ouiii ! Le fleuve a bien diminué, c'est parti pour le rallye retour à Bermejo part II. Le chemin n'est qu'un amas de boue pâteuse et de fossés énormes remplis d'eau, la voiture ne cesse de partir du cul, je pilote carrément. Loeb j'arrive ! Cela demande une sacré concentration. Nous l'élirons même "Route la plus difficile du voyage". Une dernière bière à Bermejo avec Vicente et c'est l'heure des adieux. Nous nous dirigeons vers le petit village de Samaipata et après une bonne nuit de sommeil salvatrice deux possibilités s'offrent à nous : visiter une autre partie du parc Amboro où grandissent des arbres-fougères géants pouvant atteindre 8 mètres de haut et datant du jurassique ou se rendre dans un petit village à deux heures pour observer des paresseux... La décision est prise nous irons dans la forêt préhistorique. À peine à l'intérieur c'est le dépaysement total, nous n'avions jamais vu pareille forêt, on se croirait dans Jurassic Park. Tant et si bien que nous guettons le moindre bruit de branche qui craque, à l'affût d'un Vélociraptor en escapade. Notre guide, une biologiste de La Paz, en connaît un rayon tant sur les plantes que sur les animaux qui peuplent le parc, elle nous parle beaucoup des jaguars pour le plus grand plaisir de Geoof. Nous buvons ses paroles et découvrons avec étonnement le mode de reproduction par sporulation de ces fougères géantes, leurs caractéristiques, les différentes propriétés et odeurs des plantes qui nous entourent, l'histoire géologique du lieu... Ici dans ce jardin naturel le temps s'est arrêté à -10000000 ans. Nous rencontrons aussi bon nombre d'oiseaux, ici un pivert extrêmement rare de couleur orange - la guide est ravie - ou encore un toucan vert, par là-bas des poules sauvages perchées à la cime des arbres, ou encore un couple de pivert cette fois-ci des plus communs à la Woody Woodpecker et bien sûr des perroquets verts, les fameux lojos en grand nombre. Nous découvrons aussi le macho, une guêpe géante pouvant atteindre 8 centimètres dont les reflets bleu électrique vous hypnotisent par leur beauté mais qui peut aussi vous valoir de très graves ennuis. En effet la coquine possède plus de venin que beaucoup de serpents et se nourrit de tarentules dans lesquelles elles pont ses oeufs. Okay ? On ne badine pas avec elle. Alors prudence, on l'observe de loin.



Nous sympathisons vraiment avec la guide qui partage beaucoup d'informations sur son pays, sur l'éducation déplorable qui règnent en Bolivie - pas moins de 55% des gens sont illettrés, sur les manipulation politique... Elle nous invite dans son jardin botanique où vivent des dizaines d'espèces de colibris mais il est déjà temps de quitter ce merveilleux parc Amboro pour se mettre en route pour Torotoro.


From el parque Amboro with love.


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