• Manon

El Bañado la Estrella avec Walter

Mis à jour : il y a un jour

En diminutif de Walter Texas Rangers…


Le nord ouest argentin est derrière nous, au revoir El Peñon, au revoir Tolar Grande.


Avant de vous parler de cet homme exceptionnel, parlons de l’endroit tout aussi exceptionnel où nous l’avons rencontré : El Bañado la Estrella. Laissez-moi vous conter son histoire. Il y a 60 ans le Río Pilcomayo, long cours d'eau qui prend sa source en Bolivie et qui sert de frontière entre le Paraguay et l'Argentine, a subitement décrété que son lit n’était plus assez confortable et qu’il était grand temps d’en sortir... Pour ne plus jamais y retourner ! L’adolescence, vous connaissez. Conséquence, il a inondé de ses eaux tout un morceau de cette région septentrionale d'Argentine qu’est Formosa pour en faire la troisième plus grande zone humide d'Amérique du Sud. Oui, rien que ça ! Parmi ses victimes on compte un village nommé La Estrella - l’étoile - qui lui donne son joli nom. Dans cette ruée infernale le río a recouvert un espace peu préparé à de grandes quantités d'eau, une zone semi-aride. C'est toute la nature qui s'en est retrouvée complètement sans dessus-dessous, créant un nouvel écosystème composé de palmiers et autres arbres désormais les pieds dans l’eau. Bloup, bloup. Certains ont survécu, d'autres non. Cela lui donne une allure unique.


El Bañado la Estrella

L'endroit n'est pas tellement profond, seulement 1 ou 2 mètres séparent la surface du fond, un vrai paradis pour les oiseaux piscivores et un lieu incroyablement riche en faune. Anaconda, yacaré, carpinchos, tapirs et toutes sortes de volatiles le peuplent. Vous avez envie d’y aller ? Nous aussi, mais pas tout seuls ! Allons rencontrer Walter.



Bon alors, qui est ce fameux Walter ? Un guide pas comme les autres. Nous avons eu la grande chance de rencontrer une personne originaire de Las Lomitas, principale ville d’accès au Bañado, lors de notre séjour à Humahuaca. Karina, professeur de castellano pour les communautés locales. Fière de sa région elle a souhaité nous aider dans l’organisation de cette aventure. Non, rectification : elle a organisé notre aventure ! Car aussi incroyable que cela puisse paraître, cet endroit n’est pas encore trop connu du reste du monde. Aussi les accommodations usuelles ne sont pas forcément au rendez-vous mais qu’importe, elle nous dégote tout ce qu'il nous faut ! Elle appelle son ami Luis, lui demande de s’occuper de nous, nous trouve un super hôtel pas trop cher et nous fait acheter de la crème solaire. Ha les mamans… Et c’est parti pour une journée mémorable. Départ à 5h du mat’ pour Fortin Soledad, village aux abords du Bañado en compagnie de Luis qui nous montre le chemin. C’est la première fois que Fitz, notre voiture, roule de nuit. Merde, il a plu la nuit dernière, gros gros dérapage ! Je crois que Luis flippe un peu haha, il ne connait pas encore mes talents de pilote. Les premières lueurs du jour nous éclairent un peu mieux la route, merci. On se gare devant une maison sur pilotis complètement tordue, elle est rigolote. Un homme est là en train de faire je ne sais quoi… Devinez qui c’est ? Qui c'est ? Et oui, bingo, c’est notre Walter international. Est-ce que nous voulons nous balader en pirogue sur le Bañado ? Mmmh attendez, j’hésite…



Le soleil est en train de se lever et le ciel se colore d'un magnifique orange pétant. Il fait bon. Nous n’entendons rien d’autres que la nature qui s’éveille. La pirogue se glisse avec sérénité au milieu des algues qui recouvrent la surface de l’eau. Avec sérénité grâce à Walter. Geoffrey essaie de manier cette gondole sauvage, quelle galère ! Quand on sait que Walter a 75 ans ça force le respect. Toutes sortes d’oiseaux volent au-dessus de nos têtes, se posent ici et là, nous observent comme on les observe. Les reflets des palmiers sur cette eau plate donnent une atmosphère sans équivoque. Walter sait tout sur tout, il est né ici. Geoffrey demande s’il y a des anacondas, il répond que oui, beaucoup, et qu’il les attrape avec... Sa casquette !! Hahaha. Il aimerait que d’autres personnes viennent ici et nous fait une promo des lieux digne d’un présentateur TV. Pour info, Rourère = Geoffrey et Manou = Manon. Grosse marade, voyez par vous même en espagnol mais ça vaut quand même le coup :


Mike Horn fais gaffe, t'as de la concurrence !


Petit rab.


Après la balade quoi de mieux qu'une pause chez notre capitaine pour un petit-déjeuner à base de miel et de pain maison ? Miel récolté par lui-même bien sûr, au sommet des palmiers morts où logent nos précieuses amies les abeilles. Un dé-li-ce. Sincèrement, le meilleur miel jamais gouté. Certes il y a une ou deux fourmis mortes qui traînent au milieu du liquide doré, de quoi en dégouter certains, mais quel goût mes aïeux !! Walter aimerait qu'on reste manger avec lui mais Luis nous a prévu un super parcours. C'est quand même un peu tristes que nous le quittons, lui et sa femme qui nous a si gentiment accueilli.



L'après-midi nous allons dans un village créé par des gens originaires d'Amérique du Sud, autrement dit non-européens, nommé Campo y Cielo. Champ et ciel. Décidément ils ont un talent pour trouver des noms aussi charmants. Le village a lui aussi été victime de la crue du Pilcomayo et les locaux ont dû intégralement le reconstruire. Une femme et sa mère nous accompagnent en forêt et nous racontent leur façon de vivre, coutume, artisanat, nous parlent des arbres et de leurs ressources... Il y en a un qui permet l'avortement, je trouve ça incroyable, surtout dans un pays où la pratique est interdite... Il y en a un autre qui aide à se remettre d'une cuite, ça peut être utile également. Cette forêt où nous nous promenons n'était jadis qu'une vaste plaine d'herbe. Ce sont le vent et les animaux qui l'ont transformé, n'est-ce pas fou ? Je bois leurs paroles. Pour clôturer cette promenade instructive quoi de mieux que de croiser un tapir ? Je vous le demande. Quelle chance nous avons là, Luis n'en a plus vu depuis 10 ans. Il a traversé le chemin comme ça, tranquillou. On reste muet.

Photo ratée du tapir qui traverse le chemin... Qu'importe ! Quel moment !

Le jour touche à sa fin et Luis a prévu un dernier arrêt pour admirer le coucher de soleil sur un côté plus désolé du Bañado où règnent en maîtres les cormorans, perchés sur des arbres morts. Et c'est sur ce beau paysage que nous disons au revoir au Bañado la Estrella... Et oui, déjà ! Toutes les bonnes choses ont une fin, n'est-ce pas ?


Couché de soleil mémorable

Remerciement

Merci Luis pour ta gentillesse qui a égayé toute cette journée où tu nous as accompagné. Merci à Karina pour cette organisation au poil qui nous a permis d'être avec de super humains. Et bien sûr merci à Walter, personnage charismatique que nous ne sommes pas prêts d'oublier.


En route pour le nord est argentin et ses fameuses chutes d'Iguazu.



From El Bañado la Estrella with love.


© L'ODYSSÉE DES RENARDS

Geoffrey & Manon

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