Jurassic park à Torotoro

Mis à jour : 11 sept. 2019

Un rêve d'enfant est sur le point de se réaliser pour Geoffrey qui va se transformer, le temps de quelques jours, en paléontologue sur les traces des dinosaures dans le parc Torotoro...


Empreinte d'un dinosaure de la famille des Thérapodes, les dents tranchantes

Après l'humidité et la chaleur pesantes du parc naturel Amboro nous sommes presque contents d'un peu de fraicheur. La route pour atteindre le parc Torotoro qui signifie boue-boue en Aymara est catastrophique, décidément. La Bolivie est pour l'instant le pays le plus difficile en terme de conduite automobile. Éboulements et traversées de rivière sont monnaie courante au cours des 4 heures de piste qui nous conduisent à Torotoro, le village posé au coeur du parc du même nom. Mais tout au long les paysages sont grandioses. De plus nous sommes en février et c'est le mois du carnaval en Bolivie donc à chaque sortie de village de jeunes groupes de chenapans trop mignons nous attendent armés de seaux d'eau, voir même de pistolets à eau pour les plus courageux... Nous survivons tant bien que mal à trois ou quatre embuscades avant d'atteindre notre destination, un hôtel/auberge vraiment très chouette où nous posons notre voiture et nos sacs. La gérante a vécu en France pendant quelques années, nous avons droit à tous les honneurs et au prix spécial Français. Vous voyez qu'on n'a pas si mauvaise réputation à l'étranger. Après avoir mangé une bonne truite nous nous mettons au lit car le lendemain, trêve de plaisanterie, il sera temps d'enfiler le casque et les bottes. Nous partirons en exploration accompagnés de nos deux acolytes allemands qui voyagent eux en bicyclette #grosmollet. Le premier stop est situé sur les hauteurs où une cathédrale naturelle a été creusée dans la roche par la pluie. Malheureusement pendant le trajet le déluge s'abat sur nous : grêle, pluie, orage violent. Les routes sont inondées, des cascades se créent de toute part, nous ne sommes pas tellement rassurés. Heureusement cela finit par se tasser et nous nous mettons en marche pour la cathédrale même si le soleil n'est clairement pas au rendez-vous, il y a de la boue partout et d'autres cascades bloquent certains accès mais c'est quand même magnifique.


Le magnifique parc jurassique de Torotoro

Nous crapahutons dans ce dédale de roches aux couleurs chaudes, tombons par ici sur un lapin géant nommé biscacha ou par là sur des peintures préhistoriques... Nous prenons quelques photos puis plein feu sur le deuxième stop : la caverne d'Umajalanta qui signifie eau qui coule en Aymara découverte en 1966 comme la plus longue et la plus profonde de Bolivie. Comme il a énormément plu et qu'elle est pleine de rivières souterraines notre guide ne sait pas trop si nous pourrons y descendre. Ouf la voie est libre, on enfile nos casques et nos frontales et on se lance. L'entrée est gigantesque, on se croirait dans les premières pages de Voyage au centre de la Terre, au bout de 5 minutes il fait nuit noire, la roche est glissante et il faut sauter par dessus des crevasses, ramper puis escalader pour atteindre des salles aux dimensions ahurissantes emplies de stalactites et de stalagmites. On n'y voit pas grand chose, on s'amuse avec l'écho de nos voix ou bien en faisant des percussions sur les stalagmites creuses... Les tambours du Mordor se mettent en route, vite il faut quitter la Moria. Nous continuons et empruntons des cheminées extrêmement étroites où il est nécessaire de ramper sur des dizaines de mètres. Honnêtement par endroit nous passons juste juste, et vous connaissez tous la corpulence déifique de mon Geoof... Notre ami allemand fait même une crise d'angoisse en restant bloqué dans le corridor, je ne m'attendais pas à autant de difficulté. Le guide nous apprendra par la suite qu'il existe un autre chemin plus court et beaucoup plus facile pour les personnes âgées ou plus corpulentes. Une chose étrange que fait souvent notre guide est que dans chaque salle il siffle et jette des cailloux. Pourquoi ? Je lui demande. Pour faire fuir les fantômes, les mauvais esprits... car la grotte est hantée, parait-t-il...


Voyage au centre de la terre - Jules Verne

Après plus d'une heure et demi nous voilà sortis, couverts de boue et en nage. Nous sirotons une petite bière avec nos amis allemands et nous nous remémorons les exploits du jour puis au lit. Demain nous partons visiter le canyon et surtout, enfin, nous allons découvrir et déchiffrer les empreintes de dinosaures. Notre guide fait ça depuis plus de 20 ans, c'est un véritable passionné avec qui on peut parler dinosaure sans complexe. Nous voyons de longues trainées d'empreintes de gros herbivores comme le Diplodocus (petit pied pour les non-avisés) ou le Tricératops mais aussi des empreintes de gros carnivores mais pas de T-rex malheureusement, nos amis ici semblent plus petits mais quand même, quelle sensation ! Nous voyons des empreintes creusées ou en relief et clou du spectacle des empreintes de Vélociraptors avec la griffe bien visible. Geoof est proche d'une extase préhistorique. Nous apprenons qu'ici il y avait la mer et que ces empreintes ont été laissées dans le sable, sur un bord de plage, avant de se figer dans le temps sous l'effet des couches de cendre volcanique et autres sédiments, elle ne sont ressorties que plus tard quand les Andes se sont crées par la force des mouvements tectoniques pour notre plus grand plaisir. Nous nous dirigeons vers le canyon qui est magnifique... Malheureusement il a trop plu et il n'est pas possible d'y descendre. Nous regardons donc d'en haut le ballet des perroquets arc en ciel qui se tournent autour tels des papillons tropicaux. Que la nature est belle. Sur le retour nous tombons sur des ponts de pierre naturels et arrivons dans un champs de mais... Là, une mamie bolivienne papote avec d'autres touristes, elle a un seau de Chicha et remplit une demi coco qu'elle nous tend. Nous allons goûter ce doux breuvage. On nous explique que la chicha est différente dans chaque pays, ici elle est à base de mais fermenté, alcoolisée donc, mais par un procédé des plus... étranges. Oui, c'est en mâchant et mastiquant le maïs pendant des heures que la fermentation se crée. Beurk beurk. Une petit lipette à la Pachamama et nous trempons nos lèvres pour goûter. Je suis au bord du vomis et Geoof n'apprécie guère, c'est très fort et ça a un gout de soupe d'ortie amère. Je lui rends le bol mais elle me fait comprendre gentiment que je l'offense et que la tradition veux que l'on finisse... Soit, Geoof se sacrifie et avale tout d'une traite au risque d'avoir une fulgurante quelques heures plus tard.



Canyon & co.

De retour au village après avoir croisé de jolis serpents argentés nous tombons sur Emma que nous avions rencontré dans le parc Amboro, nous prenons rendez-vous à Cochabamba dans quelques jours pour une petite bouffe et nous nous mettons en route en direction de la-dite ville et de son célèbre carnaval. Carambaaaaa



From Torotoro with love.


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