• Manon

El Chalten rocks

Mis à jour : 17 févr. 2019

Encore un paysage argentin différent, encore une découverte marquante, encore un souvenir impérissable. Ne passons pas par quatre chemins, nous sommes conquis par El Chalten, le jumeau de Torres del Paine en gratuit...


El Chalten ou la montagne qui fume en langue Temuelche

Nous avons passé quelques jours dans cette petite ville de El Chalten dit le paradis du trekeur. Dans la rue ? Pantalon de randonnée, buff sur la tête, bâtons de marche accrochés au sac ont le monopole de la tenue vestimentaire. Cela donne une atmosphère super sympa à la ville. Nous arrivons jour de fête alors quoi de mieux que de goûter la bière locale pour s'acclimater ? Et c'est qu'ils sont bons ces Argentins en binouse. Tu dois choisir entre la Rubia, la Roja ou la Negra - la blanche, la blonde ou la noire. Nous ne sommes pas déçus. Demain nous partons pour un petit trek de deux jours, nous allons camper au pied du mont Fitz Roy, ainsi baptisé par le fameux Perito Moreno en l'honneur du commandant allemand de la mission de Darwin Le second voyage du HMS Beagle, un certain Robert FitzRoy. Notre mission : voir le coucher et le lever du soleil sur ces incroyables pics rocheux. C'est parti.


Après trois heures de randonnée des plus agréables au milieu d'un bosque - une forêt - enchanteur à marcher le long d'un joli glacier suspendu nous arrivons au camping Poincenot au pied du fameux Fitz Roy. Nous ne le voyons pas encore mais nous apercevons le chemin en zigzag pour s'y rendre et ça va monter sec les amis. Alors pourquoi ne pas faire une petite sieste avant de grimper ? Hop hop hop, nous montons la tente, allons remplir nos bouteilles à la rivière - quel plaisir de boire de l'eau pure puisée à la source - et nous nous installons paisiblement. Il fait super beau, nous pouvons ouvrir la tente et profiter des arbres qui nous abritent, du bruit de la nature. À dans deux heures...

Zzzzz Zzzz Zzz


Pas moche ce camino pour aller au Fitz Roy

C'est en forme que nous partons en cette fin d'après-midi pour assister au coucher de soleil sur la belle montagne. En tout début de chemin nous croisons des petites têtes connues, mais à qui sont-elles ?? À personne d'autre que Laure-Anne et Pierre rapidement rencontrés à Humahuaca ! Quel agréable surprise que de les revoir. Il faut le faire quand même, j'aime ces jolies coïncidences de la vie. Eux sont en train de redescendre alors on se donne rendez-vous dans la nuit pour partir ensemble pour le lever de soleil. Mais avant, la première montée ! Et on l'avait analysé, ça monte dru. Arrivés en haut, quel spectacle, quelles couleurs ! Je vous laisse tomber amoureux à votre tour...



Driiiing, driiiing, driiiing ! 4h00. Il fait froid, humide, il faut sortir du duvet, s'habiller, manger un bout. Mais les jambes tirent encore de la précédente ascension. Je suis clouée à la tente. Je n'ai l'envie que de dormir. Je culpabilise... Je sors du duvet et m'habille, je suis bonne dans l'auto-rongement de cerveau. On attend les amigos près de la rivière, cinq minutes, dix minutes... On file sans eux, j'espère qu'on les reverra. On monte, en silence, c'est dur d'avancer les yeux collés, vous avez déjà essayé ? Finalement nous y sommes, et il pèle vin diou. On se serre comme deux sardines avec Geoof. Aaaah, ils sont là les champions, Pierre a même pris le réchaud et le thé. C'est tout parfait ! On attend en papotant le moment où le soleil illuminera de ses milles couleurs pour la première fois de la journée le magnifique mont. Mais le gris a décidé de s'emparé du ciel, des montagnes et même de la neige. Alors nous redescendons, les jambes ballantes. On se sent super bien avec nos deux nouveaux copains alors on décide de se retrouver dans le même camping et de manger ensemble ce soir. Partager tous ces moments avec des gens super, c'est peut être le plus beau cadeau du voyage. Les liens se créent si vite et sont forts, sincèrement ! Quoi de mieux qu'une petite expédition ensemble pour renforcer notre amitié naissante ? Quatre heures de randonnée, deux heures de via ferrata et une heure sur un glacier sont au programme de cette journée qui s'annonce... Mouvementée ! On se réveille avec la neige, on essaie d'appeler le guide pour s'avoir si l'aventure va avoir lieu ou pas. Pas de réponse, alors on y va. Arrivés au point de rendez-vous tout le monde est là. C'est parti. Les guides ne nous promettent pas qu'on ira au bout du programme, tout dépendra de la météo et il ne fait pas beau... Je crois qu'on invoque tous les forces de la nature en secret car c'est à l'approche de la via ferrata, la zone de toutes les décisions, que le soleil apparaît, plus beau que jamais ! Qu'est-ce qu'on est content ! C'est partiiiiiii. On marche à flan de montagne, à moitié à la verticale, à moitié à l'horizontale, retenus par un câble scellé dans la roche. On escalade, on descend en rappel, c'est le kiffe total. Un sentiment de peur et d'excitation nous prend le corps et le coeur, il n'y a plus que la montagne et nous. Un dernier pan d'escalade et nous le voyons, enfin, le glacier Cagliero, majestueux. Différent du Perito Moreno, surement moins imposant, mais à l'atmosphère unique. On est conquis. À la question mange-t-on dans le refuge ou sur le glacier, la réponse est vite trouvée. Clairement on se gèle le cul, on sent propre comme figuré mais on est sur notre petit nuage. Petit nuage ? C'est ce que je viens d'écrire là ? J'aime pas trop ce nuage-ci, celui qui arrive à toute vitesse, chargé de je ne sais quoi... Je le dis pour rigoler et une minute après c'est une tempête de neige qui s'abat sur nous.



On éclate de rire, quelle histoire à raconter encore. Le retour promet de nous faire vibrer. Nous qui n'étions pas forcément sereins avec nos crampons sur la glace nous mettons à marcher à toute vitesse, le vent nous emporte, c'est violent. Le guide nous aide à passer la rivière. On s'abrite dans le refuge, on fait le point et on y va. Ça ne sert à rien d'attendre, on ne sait pas combien de temps la tempête va durer. La guide se casse la gueule, oups, va falloir s'accrocher ! La via ferrata s'avère super glissante, on le prend du bon côté, nous sommes en train de vivre une expérience unique. Le paysage se couvre de blanc à vue d'oeil, la cime des arbres se colore, le lac vert d'eau prend une mine grave et accueille la brume avec lourdeur, les flocons tourbillonnent autour de nos têtes, nos doigts se glacent. Nous sentons cette âme d'aventurier, de vraie peur et de courage, celle qui nous habite les premières années de notre vie, quand tout n'est que challenge et nouveauté. renaître en nous. Après tant d'absence, cela fait du bien de la retrouver. La peur ne reste pas longtemps. La tempête non plus. Après 20 minutes, elle s'apaise pour révéler toute la beauté de sa brutalité. Mike Horn serait fier de nous. Nous improvisons un concours de ricochets. Geoffrey et le deuxième guide sont loin devant dans le classement. Échec sur échec je ris de moi. Pierre sort la GoPro et sous la pression haletante de cette caméra je réussis le meilleur score.


On rentre, il est déjà arrivé le moment où nous allons quitter nos deux amis après quatre jours ensemble. Nous les déposons au bus, un dernier câlin. J'aime toujours pas les au revoir. À demain.


From el Chalten with love.


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