Louer une voiture électrique en Norvège l'hiver : bonne ou mauvaise idée ?
- il y a 11 heures
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Lors de notre séjour dans le grand nord de la Norvège, nous avons choisi de louer une voiture électrique pour parcourir l’île de Senja, Tromsø, les Alpes Lyngen jusqu’à Skjervøy. Le modèle loué était une MG4 électrique, une compacte avec une autonomie annoncée d’environ 450 km. Mais était-ce une bonne idée ? Si notre motivation était en partie économique et en partie écologique, la réponse n’est pas totalement tranchée. Voici notre retour d’expérience, avec les pour et les contre.
Louer une voiture électrique en Norvège : les “pour”
1. Économique
Louer une voiture électrique revient souvent moins cher que de louer un véhicule à essence ou diesel, surtout avec les prix élevés du carburant dans le nord de la Norvège. Lors de notre voyage, une charge quasi complète coûtait environ 240 NOK (~22 €) et permettait de parcourir environ 300 km. En comparaison, un plein pour une petite voiture citadine (40–45 litres) reviendrait à 840–990 NOK (~70–90 €) pour une autonomie similaire.
2. Le silence
Rien que pour ça, ça vaut le détour. Rouler sur des routes désertes, sinueuses, entourés de fjords et de montagnes enneigées, dans un silence presque irréel, transforme la conduite en expérience à proprement parler.
3. Des bornes de recharge un peu partout
La Norvège est l’un des pays les plus avancés en matière de mobilité électrique. Même dans des zones reculées comme Senja ou Skjervøy, les bornes sont assez fréquentes pour planifier ses trajets sans trop d’angoisse. Les principaux réseaux de recharge que nous avons croisés sont par exemple :
Kople
Recharge
Ionity
Tesla
Mer
Circle K
...
4. Une option “moins pire” pour l’environnement
On ne va pas se mentir : voyager en voiture, même électrique, ce n’est pas neutre pour la planète. Néanmoins, rouler en électrique émet moins de particules qu’une voiture thermique, et dans des paysages aussi purs, aussi blancs, que ceux de Senja, on trouvait ça pas si mal. En plus, environ 98 % de l’électricité norvégienne provient de sources renouvelables (hydro + éolien).
5. Confort en hiver
Les voitures électriques chauffent vite l’habitacle. Après une balade dans le froid, c’est agréable de retrouver un intérieur bien chaud dès qu’on démarre.
Louer une voiture électrique en Norvège : les “contre”
1. Il faut recharger presque tous les jours
L’autonomie chute beaucoup rapidement en hiver avec le chauffage allumé, l'assistance sur les routes enneigées pour éviter les glissades et surtout avec les basses températures. Les batteries n'aiment pas trop ça. Il faut donc planifier les recharges presque tous les jours, ce qui demande un peu d’organisation.
2. Ça prend du temps
Même sur une borne rapide, une charge complète peut prendre entre 30 minutes et 1 heure. Sur un road trip dans le grand nord, en hiver, où chaque instant compte pour profiter des quelques heures de lumière, il faut bien intégrer ce temps dans l’organisation. Cela dit, c’est souvent l’occasion de boire un café, de manger ou simplement d’admirer le paysage.
3. C’est un peu stressant
Même s'il y a des bornes de recharge un peu partout, on est souvent en train de checker le niveau de la batterie, et le nombre de kilomètres avant la prochaine station disponible... Surtout si une tempête s’ajoute à la fête.
4. Moins de “patate” qu’une voiture thermique
Notre modèle de voiture électrique (ce n'est pas une généralité) avait moins de puissance qu’une voiture classique. Cela a été problématique pour sortir d'un stationnement un peu en pente après qu'il ait bien neigé. Il faut donc rester attentif à ce point
5. Les applications de recharge : une vraie pagaille
C’est probablement la partie la plus pénible de l’expérience. En Norvège, chaque réseau de bornes a souvent sa propre application. Résultat : on se retrouve vite avec plusieurs applications à télécharger et plusieurs comptes à créer. Certaines applications permettent de regrouper plusieurs réseaux, comme Fortum Charge & Drive, qui donne accès à des dizaines de milliers de bornes dans les pays nordiques. Mais dans la pratique, c’est quand même un peu le bazar.
Conseils et verdict
Globalement, notre expérience a été très positive. Oui, il faut accepter de passer un peu de temps à recharger la voiture, de jongler avec les applications de recharge et anticiper ses trajets... Mais le confort de conduite, le silence et l’aspect économique compensent largement ces contraintes.
Pour trouver les bornes et organiser nos trajets, nous avons utilisé : Google Maps. On avait téléchargé l'app conseillée par le loueur mais étonnamment, c’est souvent Maps qui a été le plus simple pour repérer les bornes proches en tapant : charger.
Mon conseil : installer plusieurs applications de recharge électrique avant le voyage pour éviter de perdre du temps sur place. Rappel : Kople, Recharge, Ionity, Tesla, Mer, Circle K...
Et pour ceux qui se demandent si c’est compatible avec la chasse aux aurores boréales : absolument ! Même avec les petites galères et les imprévus, nous avons pu profiter de nos nuits magiques sous le ciel dansant du nord de la Norvège.
Conduire en Norvège l’hiver : ce qu’il faut savoir
La Norvège en hiver, c’est magique… mais c’est aussi particulier :
Il faut déneiger la voiture régulièrement, surtout après une nuit de neige. Dans la voiture de location, il y avait tout ce qu’il faut : balai et grattoir.
La nuit tombe très vite, surtout en novembre-décembre-janvier, il faut être à l'aise avec la conduite de nuit, surtout que toutes les routes ne sont pas bien éclairées.
Les tempêtes de neige peuvent survenir brusquement.
Certaines routes ou ponts sont parfait très étroits.
La circulation est généralement faible, mais il faut rester attentif aux autres véhicules et aux animaux sauvages. Un renne est sorti devant nos roues sur Senja par exemple.
Pour autant, tout cela fait partie de l’expérience du grand nord. On se rappelle de toutes nos petites frayeurs, de ces moments seuls au monde sur les routes blanches au milieu des fjords, de ces lumières... On a adoré !







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