• Manon

Pik pek pok sur l'île de Pâques

Mis à jour : 15 mars 2019

L'île de Pâques, on en a tellement rêvé qu'on y est allé. Ce petit bout de terre perdu au milieu du Pacifique, nous avions comme l'impression de le connaître déjà un peu rien que pour ses mystiques Moaï. Merci Arte. Mystique. C'est le mot qui revient souvent quand on évoque de cette île. Mais qu'a-t-elle de si particulier au juste ? À quoi ressemble-t-elle vraiment ? Est-elle encore sauvage ? Comment sont ses habitants ? Quelle est son histoire géologique, humaine ? Rapa Nui sous son vrai nom attire, questionne.


Moaï de Tongariki sur île de Pâques - Moaï from Tongariki on Easter Island
Rangée de Moaï sur le site Tongariki

Nous arrivons après pas loin de 6h de vol depuis Santiago. Grand merci j'avais ma liseuse car il n'y avait qu'un seul film sur le petit écran : Crazy Rich Asians. Génial ! À la sortie de l'avion c'est l'humidité et la chaleur ambiantes qui frappent, le corps se met à suer instantanément. Nous sommes accueillis avec un joli collier de fleurs et un Iorana - Bonjour ! Ce petit accent me fait tout de suite penser à un ancien camarade de classe qui venait de Tahiti. Pour moi le ton est donné. Tranquillité, douceur de vivre, gentillesse, bienveillance. La deuxième chose que je remarque, c'est le vert. Tout est vert, le sol, les arbres, la colline, les jardins. Le vert et les couleurs des fleurs. Ces hibiscus sont juste énormes, ils font facilement le double de ceux en France, il y en a des rouges, des roses, des blancs, des oranges... Nous retrouvons également les frangipaniers, souvenirs olfactifs de notre voyage en Indonésie. Ha les îles... Le vert, les couleurs des fleurs et puis ces bleus. Du ciel et de l'océan. Profonds. Comme à Chiloé lors de notre camping sauvage face à l'océan, je ressens la grandeur du Pacifique. Je peux vous le garantir nous ne sommes pas en Méditerranée ici, non non non, nous sommes bien sur une toute petite île de 163,6 kilomètres carrés pour quelques 7000 habitants située à 4250 kilomètres de Tahiti et à 3525 kilomètres des côtes du Chili, le pays auquel elle appartient. Ces mots sonnent faux. Après ces deux mois passés sur le continent je peux affirmer qu'elle n'a rien à voir avec la choucroute, seuls les carabineros rappellent cette appartenance, pour le reste je reconnais plutôt les caractéristiques de la culture polynésienne. Tatouages fin et allongés sur les corps des hommes et des femmes, carrures musclées et élancées, cheveux noirs, regards perçants, enfants en train de surfer, vie dans la rue, artisanat coloré, tranquillité, sourires communicatifs...


Vous l'aurez compris à peine sur le palier je suis déjà sous le charme de cette île et de ses habitants.


Histoire géologique

L'île est née de la formation de trois volcans océaniques qui se sont rejoints suite à leurs différentes explosions et coulées de lave lui donnant sa forme triangulaire si particulière. C'est une île relativement jeune formée il y a peine 750000 années et vouée à disparaître avalée un jour par la plaque continentale sud américaine. Blop. On oublie souvent que la Terre est vivante, bouge et que le monde d'aujourd'hui ne sera pas le monde de demain. Un des trois cratères principaux, l'Orongo, sera notre première destination. Je vous le dis tout de suite, c'est un coup de coeur sur cette île. Outre sa fonction de site cérémonial jadis pour élire le nouveau chef de tribu, ce vieux cratère s'est au fil des années remplit d'eau de pluie formant un petit lac d'eau douce parsemé de végétation, le tout ouvert sur l'océan Pacifique. C'est magnifique. On aurait voulu rendre le lieu plus pittoresque qu'on aurait pas fait mieux !


Orongooooooo

Comme j'adore cet endroit on décide d'en faire le tour complet. Arrivant en son centre nous partons d'abord vers la droite pour rejoindre l'ancien village où logeaient les habitants pendant la période des jeux servants d'élection. Après la visite nous partons à l'autre bout et arrivons au bord de la falaise à pic, l'océan à ses pieds, c'est vertigineux. Le ciel n'est pas limpide, des nuages se promènent ici et là et colorent le Pacifique d'un camaïeu de bleus. Je pourrais rester des heures à contempler la nature peindre ce paysage. Mais l'excitation de notre rencontre avec un Moaï est plus forte, nous descendons à sa recherche. Comme nous n'aimons pas suivre les sentiers battus, nous voilà perdus au milieu d'une flore dense en train d'avancer péniblement entre arbustes et hautes herbes. Heureusement les vaches du coin nous ont tracé des petits passages. Je me rends compte de la difficulté d'avancer dans un territoire humide et végétal, je n'imagine même pas traverser l'Amazonie #MikeHorn.


Les bleus d'Orongo

Iorana, nous sommes accueillis devant le site Moaï. Petite leçon d'histoire et c'est parti pour l'analyse des vestiges. Ici se trouve le seul Moaï femme encore dans la nature, l'unique autre étant gardé au - très complet - musée de l'île. Cette première rencontre me laisse pantoise. La magie n'opère pas sur moi, l'imagination n'est pas là et je ne vois qu'un tas de cailloux... Manon, t'as pas honte ? Mais je viens juste d'arriver, laissez moi un peu de temps, on va en voir d'autres. Ça, c'est sûr.


Hanga Roa

Hanga Roa est la plus grande puisque qu'unique ville de Rapa Nui. Sous ses allures de village exotique se cache une vie débordante. Jour et nuit, il y a du mouvement. À flanc de côte, les journées se passent au bord de l'océan, les enfants jouent dans les vagues, les adolescents surfent et les plus âgés profitent de cette douceur de vivre. Le soir, il se passe toujours quelque chose, un concert de rap écolo, une soirée dans un bar, une séance de cinéma en plein air... Et les jeunes qui tournent en scooter avec leur pots d'échappement percés. Mmmméééém. Il est agréable de se balader dans ces rues. Le marché de l'artisanat est très mignon bien que principalement rempli de Moaï sous tous les profils, dans toutes les matières. Nous découvrons également l'ananas glace. Ces petits délices sucrés sont taillés en forme de cornet, le feuillage vert servant de prise. On adooooore !


La vie sur Hanga Roa

Une fois sustentés et reposés nous voici en route pour quelques sites du centre de l’île nous nous arrêtons face à un Moaï esseulé sur le haut de sa colline. Et beh, qu'est-ce que tu fais là tout seul ? Nous continuons la route pour arriver face à une ligne de ses frères, et là, la magie commence à opérer. Cette rangée de Moaï a été taillée en l'honneur des jeunes polynésiens qui ont découvert l’île voici quelques milliers d'années - la fourchette des scientifiques qui étudient ce peuple est trop large pour être mentionnée. Partis seuls à la conquête du Pacifique sur leurs pirogues déjà si bien élaborées, ne voyant rien d’autre que l'océan à perte de vue, ces braves hommes ont suivi les courants, les oiseaux et les étoiles ne sachant pas si un jour ils trouveraient la terre. Quel courage.


Joie, bonheur, allégresse

Les visites sont terminées pour aujourd'hui nous nous rendons sur la petite plage de la ville, nous nous reposons, nous nous baignons et nous bronzons, un peu trop d'ailleurs, mon nez commence a fondre. ATTENTION : protection 50 minimum. Tous ces bambins qui se jettent dans l'eau sont tellement mignons qu'on a envie de les serrer très fort. Pour la première fois depuis le début de notre Odyssée nous nous surprenons à penser qu'il ferait bon vivre ici, le ver est dans la pomme, l'idée fait son chemin...


Les jours suivants seront principalement dédiés à la recherche des Moaï, une vraie chasse au trésor. Pour varier un peu l'activité et changer de couleurs, nous nous rendons au site de Tahai au coucher du soleil et au site de Tongariki au lever du soleil. On en prends pleins les yeux, toujours émerveillés par la palette des couleurs que nous offrent ces moments de la journée si précieux. Nous passons également une demi journée à la carrière de Rano Rakuru qui nous a particulièrement marqués. Je crois qu'on a trouvé le trésor. Il y a tellement de statues ici, des très grandes, des petites, au visage différent c'est une véritable salle d'exposition des tailleurs de l'époque. À flanc du volcan du même nom, c'est un lieu magnifique à découvrir. Les moaïs présents ici sont de taille bien plus importante que ceux que vous pourrez rencontrés parsemés aux quatre coins de l'île car ils n'étaient pas voués à être déplacés et qu'il fallait bien en mettre plein la vue au potentiel acquéreur... Un régal de sillonner autour de ces statues, là nous sommes complètement charmés. Nous nous prenons également une journée plage, on nage dans l'océan, quel bonheur. Elles ne sont pas nombreuses les plages de sable fin mais qu'est-ce qu'elles sont belles ! Anakena le plus connue et Ovahe la cachée nous enchantent. L'eau est bleu turquoise, les vagues nous permettent de nous amuser, on lit, on papote, c'est la belle vie. On mange beaucoup aussi, nous aimons la bonne cuisine insulaire, du poisson, de la gentillesse des serveurs, de leur curiosité. Tous les jours un nouveau restaurant. Et pour finir en beauté ce séjour, nous montons au point culminant de l'île, le mont Terevaka, pour prendre un peu de la hauteur sur cette magnifique île et admirer les nombreux cônes arrondis qui la vallonnent. C'est qu'ils sont nombreux.


Petit aperçu de l'île de Pâques

Nous avons passé une semaine dans ce paradis et contrairement à ce que nous avons entendu ce n'est pas de trop. Comme à notre habitude on se met au rythme des habitants, dans le sens du courant et ici il est calme, il prend son temps. On aurait pu rester sur cette terre verte bien plus longtemps, prendre des cours de surf, plonger dans ces eaux si transparentes, lire encore et toujours sur la plage... Nous n'avons qu'une dernière chose à vous dire : si vous avez le temps et l'argent foncez ! Nous rentrons sur le continent pour la suite des aventures en terres sud-américaines.


From Rapa Nui with love.


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