Le tour des Cerces dans la vallée de la Clarée - Une randonnée le temps d'un weekend
- 1 mars
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 mars
Bienvenue dans la vallée de la Clarée. Nous sommes fin septembre et il n'est pas si aisé de trouver une randonnée en automne qui regroupe tout ce que nous cherchons : un peu de challenge physique, des paysages à couper le souffle, pas ou peu de neige, faisable sur deux jours, vierge de toute infrastructure humaine. Nous avons beaucoup cherché pour finalement jeter notre dévolu sur ce coin des Hautes-Alpes qui a l'air juste sublime. Allez les marmottes, en route pour le tour des Cerces :

Le magnifique lac des Béraudes, premier d'une longue série
Quand faire cette randonnée ?
Cette randonnée peut se faire à la fin du printemps, en général plutôt à partir de mi/fin juin - vérifier l'enneigement avant de se lancer grâce aux vues satellite de Copernicus - durant tout l'été - avec plus de monde sur les sentiers, pour sûr - et ce jusqu'aux premières neiges de la mi-automne. En hiver, il est également possible d'explorer ce coin en skis de randonnée, mais il faut être expérimenté - ou guidé - et bien équipé of course!
Le tracé
Olive et moi avons bossé sur un tracé alliant kilomètres - on n'est pas là pour épiler des kiwis - lacs, et possible nuit dans un refuge s'il fait trop froid. C'est une boucle au départ d'un parking après le village de Névache - voir point de départ sur Komoot ci-dessous.
Le premier jour sera le plus difficile physiquement, nous allons faire 11,8km pour 970m de dénivelé positif. Nous dormirons aux abords du lac du Grand Ban. Le lendemain sera plus doux ce qui n'est pas pour nous déplaire, 5h de route nous attendront pour rentrer à la maison. Nous ferons 10,6km pour 300m de dénivelé positif. Initialement nous devions faire plus de kilomètres et de dénivelé lors de la première journée, mais le poids des sacs et notre condition physique nous ont fait revoir à la baisse notre parcours. Notez donc qu'il est facile d'ajouter des kilomètres - et des lacs - à ce tracé déjà magnifique.
(via l'app ou avec données GPX)
Dans le sac à dos
Si vous avez des questions sur ce qu'on a emporté dans notre sac à dos, vous pouvez lire l'article : Partir en trek bien équipé - Que mettre dans son sac à dos de randonnée ?
La veille du départ
Comme il nous faut deux jours pour parcourir ce tracé, nous sommes arrivés le vendredi soir à Briançon histoire de commencer à marcher assez tôt le lendemain. Mais cette première soirée supposée calme s'est passée dans le rire à s'en faire mal au ventre autour d'une bonne raclette avec quelques shooters de Génépi. Les retrouvailles à la montagne que voulez-vous. C'est donc pas frais comme des gardons que nous partons samedi matin de Briançon jusqu'à Névache - quand même 50 minutes de voiture - pour deux jours loin du monde... En tout cas on l'espère. Il a neigé la nuit dernière, on croise les doigts pour que ça soit quand même praticable mais s'il faut changer les plans car c'est dangereux, alors on les changera.
Le premier jour de cette randonnée en automne
C'est parti ! Le soleil et le froid nous saisissent au sortir de la voiture, pas de doute, on est bien monté en altitude. Le départ se trouve déjà à 1900 mètres d'altitude. Et en parlant de montée, il y en a une belle qui nous attend dès les premiers kilomètres. On n'a pas froid bien longtemps, nos corps se mettent en route et on tombe les couches. Nous grimpons au milieu d'une nature grandiose, des pics enneigés nous entourent, et quelques marmottes montrent le bout de leur gras bien chaud, elles sont prêtes pour l'hiver ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas marché avec un sac à dos aussi lourd... J'oublie à chaque fois comme c'est bien plus difficile de marcher avec des kilos sur le dos. Il faut dire qu'on ne s'est pas privé sur la boustifaille emportée, on va avoir des menus de roi.
En haut de la première montée, nous attend le lac des Béraudes... Et wow wow wow ! C'est vraiment magnifique. Si la randonnée est comme cela tout le long on ne va pas regretter cette petite expédition. La neige tombée ajoute un charme incontestable à ce paysage minéral. Les touches de blanc font ressortir le bleu du ciel intact qui nous domine.
Arrivée sur le lac des Béraudes
Le tracé nous indique que nous devons continuer de monter, dans la neige à gauche du lac sur la photo ci-dessus. Ça n'a pas l'air facile facile... Et notre pressentiment se confirme. Le sentier se transforme en un petit filet où on peut à peine mettre un pied devant l'autre, dans la pente, et ça glisse avec la neige... Mode concentration absolue enclenché. Chacun sa technique pour passer : certains s'accrochent à la neige, d'autres utilisent les bâtons de marche comme appui dans la pente, d'autres s'équilibrent avec leurs bras en mode funambule. Tout le monde passe, le sentier s'élargit à nouveau - ouf - mais on n'est pas au bout de nos aventures ! Juste après, il y a un passage un peu vertigineux assuré par une ligne de vie. En fait ça va. On continue de monter, puis nous sommes au col des Béraudes à 2781m d'altitude et là... Les photos parlent d'elles-mêmes. Bienvenue dans l'immensité.
Youhouuuuuu lalala hihouuuu
Quel bonheur de voir qu'il n'y a pas de neige de l'autre côté, on commençait à se dire qu'il faudrait peut-être faire demi-tour si c'était comme ça tout le long. En face de nous c'est le massif des Écrins qui nous salue, un endroit que j'affectionne particulièrement et que je suis contente de voir, même de loin.
Les estomacs se rappellent à nous, il fait faim ! On décide de descendre un peu car le vent souffle sur les plaines - je vous évite la suite des paroles de Manau... Second passage escarpé lui aussi assuré par une ligne de vie. Ce n'est pas si compliqué de descendre. Ce midi c'est salade de riz, avocats, billes de mozza, tomates, feuilles de basilic, miam miam miam. J'adore marcher mais j'adore encore plus les pauses déjeuner. Et du poids en moins dans le sac. On fait une micro sieste au soleil car on est des veinards et qu'il fait trop beau, puis on se remet en route. Le sentier est moins pentu, les sacs se font moins sentir sur les épaules et on avance dans des paysages somptueux. Il y a vraiment des lacs et des hauts sommets partout. On arrive gentiment au col de la Ponsonnière à 2613m d'altitude, c'est si beau. On hésite à aller au lac Blanc mais ça nous ferait nous dépêcher alors qu'on préfère profiter du paysage. On décide de rester sur le sentier principal et on avance jusqu'à la fameuse pointe des Cerces et son lac éponyme.
Les paysages tout au long du premier jour de randonnée
Après cette nouvelle belle pause au lac des Cerces - on prend le temps de contempler le paysage pardi - on se remet en route. Les discussions vont bon train et il semblerait qu'on parte sur une nuit dans le refuge. Rooh je suis un peu triste, j'aime tellement dormir en tente, trouver le bon spot, me réveiller avec le soleil... J'hésite à y aller seule mais quand même, je ne les vois pas souvent les copaings. Olive serait prêt à me suivre mais on est 5 et la majorité l'emporte. Alors que nous avançons à bon pas, nous entendons des bruits sourds, comme des impacts. Ils viennent de la montagne, on scrute les parois rocheuses, on cherche ce que c'est et là on voit deux bouquetins en train de se battre, coups de tête sur coups de tête. Le son est fort et il arrive à retardement dans nos oreilles, c'est impressionnant. Et ils ne sont pas seuls ! Ce sont 5 bouquetins qui courent à une vitesse hallucinante sur les pentes abruptes de la montagne. On dirait qu'ils volent. On regarde le spectacle, ébahis.
Les paysages n'en finissent pas de nous séduire, nous arrivons sur le lac du Grand Ban par les hauteurs et encore une fois, c'est juste magnifique. Le refuge se trouve un peu plus loin, il faut quitter les abords du lac, alors on continue... Et là... Patatra ! C'est pas un refuge, c'est plutôt une chambre d'un hôpital psy absolument horrible - oui autant que ça. Je rentre dans la pièce et je me sens instantanément mal, je dois ressortir. C'est mort, je ne dormirai pas là-dedans, je camperai devant. Les amis rentrent chacun leur tour et bon, même s'ils sont moins froussards, ils ont les mêmes sensations. Le lac est désormais à 20 minutes de marche, avec une grosse montée, et nous sommes fatigués, puis la nuit et le froid tombent vite... On ne fera pas demi-tour, je bougonne un peu, c'est trop dommage.
On se prépare un couscous - sans couscoussière, faut pas abuser - mais on ne veille pas trop, on a comme une grosse envie de dormir !

La vue en arrivant sur le lac du Grand Ban, sublime en cette fin de journée
Le deuxième jour
Houuu la nuit a glacé les orteils ! Franchement il a fait froid dans les tentes sauf pour Arnaud qui a même dû sortir de son duvet... Quelle injustice cette différence de sensibilité au froid entre les hommes et les femmes. On se remet en route, pour moi c'est toujours plus facile le deuxième jour. Je suis en forme. On attaque directement par la grosse montée qui nous a donné la flemme de faire demi-tour hier soir. Je discute avec Paupiette et je ne la sens pas très réceptive... Elle me répond à peine quand vlan, d'un coup d'un seul, elle doit s'asseoir. Elle est toute blanche, en sueur, je crois qu'elle est en train de faire un malaise vagal ! Avec Olive qui fermait la marche, on lui prépare un peu à manger, on la fait s'allonger, les jambes en l'air. C'est vrai qu'on est parti comme des balles pour aller prendre le petit déj au soleil au bord du lac et c'était pas la meilleure idée. Bichette. Mais il en faut plus pour arrêter notre Pop internationale, elle se remet en route, solide sur ses appuis.

Petit déjeuner avec vue
Marion et Arnaud ont installé le petit déjeuner au bord du lac en nous attendant, c'est trop beau avec ce grand soleil, cette neige et ce ciel bleu ! On mange un bout, et ça nous donne trop envie de chiller... mais il faut repartir. On entre dans un nouveau type de décor qui nous fait tellement penser au Seigneur des Anneaux. Tan tan, tantantan tan tanlanlan. La journée est vraiment moins difficile physiquement alors les papotages vont bon train. Quel sentiment de liberté de marcher dans la montagne, de se sentir en forme, avec une météo pareille. On croise encore deux très jolis lacs, puis on fait encore un pique-nique de folie. Il y a des marmottes partout dans ce coin, elles nous sifflent les coquines. On voit qu'il ne reste plus beaucoup de kilomètres, on est en train de redescendre gentiment - oh, encore un lac ! - on aperçoit un petit chalet, puis le parking, et c'est la fin... Naaaaan !

Les paysages du deuxième jour nous font tellement penser au Seigneur des Anneaux
Cela fait toujours quelque chose de quitter la montagne. Les jambes lourdes, une petite nostalgie de ces jours passés dans un autre temps, celui qui s'étire et marque la mémoire, dans les rires et dans le silence, avec le soleil, le chaud et le froid de la nuit sous la tente. J'adore tellement ça ! Je rentre avec Paupiette, on roule en musique et on arrive à minuit à Montpellier, épuisées mais heureuses. Quelques jours passent, et on se sent chanceux, on a comme une envie d'y retourner. C'était génial.
Infos pratiques en résumé
Tour des Cerces en automne
Randonnée intermédiaire à sportive sur deux jours ou plus, avec un premier jour exigeant (dénivelé + sac chargé). Fin septembre est une période idéale car il n'y a personne sur les sentiers, mais la neige peut rendre certains passages étroits un peu glissants, notamment après le lac des Béraudes. Deux courts passages exposés sont équipés d’une ligne de vie.
Prévoir un équipement adapté au froid : duvet chaud, matelas isolant, vêtements chauds, bâtons. Selon l’enneigement, des crampons peuvent être utiles. Le bivouac est possible autour des lacs. De nombreux lacs permettent de s’approvisionner en eau avec filtration.
Le contenu du sac à dos : Partir en trek bien équipé - Que mettre dans son sac à dos de randonnée ?
Le tracé complet : https://www.komoot.com/fr-fr/tour/2606474307
Avec la belle équipe c'est toujours la belle époque
Arnono, Paupiette, Ma Mar, Olive
fin septembre 2025




































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